La cuisine zéro déchet : le vrac

Quand les citoyens pensent, le parlement et le gouvernement commencent à penser.

Mikhaïl Gorbatchev

Salut à toi, aujourd’hui on parle réduction des déchets dans la cuisine ! Comment mettre la poubelle au régime ?

Lorsqu’on a commencé notre démarche zéro déchets, on a voulu savoir un peu ce qui remplissait notre poubelle si vite. On n’avait pas l’impression de gaspiller tant que ça, donc qu’est ce que ça pouvait bien être ?

Qu’y a t’il dans notre poubelle ?

Eh bien – chez nous en tout cas – c’était principalement les emballages alimentaires en tout genre (suremballages des gros volumes, barquette plastique de viande, de fromage, emballages des fruits et légumes…) et les déchets organiques (entend par là : les épluchures et autres trognons).

Et voilà nos deux premiers et principaux chevaux de bataille : j’ai nommé Vrac et Compost !

Du coup, la suite logique a été de dire : ok, donc en fait, on remplit notre poubelle de plastique qui n’ont servis que pour le transport de mes produits ? Et que je paye en plus ! Parceque, faut pas se leurrer, les gentils industriels, ils ne l’offrent pas l’emballage plastique…. C’est littéralement de l’argent que je jette en arrivant chez moi. Sympa !

Mais alors comment faire ? Le vrac, ma petite dame (ou mon bon monsieur, je suis pas sexiste) !

Le vrac, qu’est ce que c’est ?

Le vrac consiste à ne plus faire appel aux emballages plastiques divers et se servir directement la quantité que l’on souhaite dans un emballage réutilisable (sachet papier fourni sur place, sac à vrac en tissu, bocaux…). Le double avantage étant que non seulement on ne prend que la quantité dont on a besoin, mais en plus, ça coûte vachement moins cher !

Alors, oui ça demande un certain changement de nos habitudes de consommation et de notre façon de faire les courses. Pour ma part, je voulais fuir les grandes surfaces. Ne plus mettre les pieds en supermarché ! Autant pour une raison éthique (je trouve qu’ils tuent les petits commerces qui font vivre les villes et villages, détruisent par la même occasion des emplois, se fichent de nous avec leurs soit disant prix bas, et exploitent les agriculteurs jusqu’à la moelle) que pour une raison de confort (qui prend plaisir à aller s’enfermer toutes les semaines dans un immense hangar, rempli de monde, à faire des kilomètres pour trouver les pâtes qui ont encore changé de rayon, à faire la queue pendant des heures aux caisses ??). Ça demande aussi un chouia plus d’organisation, mais il suffit juste de penser à prendre ses contenants en avance, ça va, c’est pas insurmontable !

Où peut-on trouver du vrac ?

De plus en plus, on trouve du vrac un peu partout. Les supermarchés s’y sont mis, on le trouve en magasin bio type Satoriz, la Vie Claire ou encore Biocoop. Il y a des chaines spécialisées dans le vrac comme les Day by Day. Ou si tu as de la chance, tu as peut être une petite épicerie de vrac à côté de chez toi ! Un site recense une bonne partie des magasins de vrac sur la métropole, c’est cartovrac.

Si le problème de la tare te fait peur, n’hésite pas à poser la question à ton magasin, ils se feront un plaisir de te répondre ! Le plus simple est de venir avec un sachet papier réutilisable ou un sachet en tissu, ça ne pèse presque rien, ça n’a pas ou peu d’impact sur le poids final. Certains magasins te laissent venir avec tes contenants solides, donc plus lourd. Il suffit de passer en caisse avant de se servir pour les tarer et noter le poids. Lors du paiement, on retire juste le poids indiqué des contenants. Je trouve que c’est un peu plus contraignant, mais chacun fait comme il veut !

Chez tes commerçants de quartier aussi, le vrac peut être à l’honneur. N’hésite pas à y aller avec tes propres contenants, d’expérience, ça passe plutôt bien en général ! Nous, on a hésité longtemps, on avait peur de passer pour des huluberlus, mais finalement, on s’est rendu compte qu’ils avaient l’habitude et quand par malheur, on y va en ayant oublié un contenant, c’est la bouchère qui nous reprends ! 😃 Le pain, le fromage et la viande sont faciles à mettre en contenants, nos commerçants proposent aussi les oeufs et des pâtes fraîches, la crème et le fromage blanc en vrac, un paquet de choses en fait !

tu peux aussi trouver de plus en plus des sites internet qui proposent la livraison de produits en vrac avec des emballages consignés comme Vracn’Roll par exemple.

Est ce que ça coûte plus cher ?

Non. Tout simplement, non !

C’est sûr que si tu achètes du Bio en supermarché, tu vas payer une blinde, vu les marges pratiquées… Mais si tu pars sur du vrac, en moyenne, c’est moins cher. De plus, ne plus acheter de produits transformés, mais cuisiner des produits bruts permet de moins gaspiller. Donc finalement, tu gaspilles aussi moins d’argent. Ce qui va coûter plus cher en vrac, ça va être les préparations toutes prêtes type les mélanges de semoule pour couscous, les petits gâteaux secs… Il faut aussi réapprendre à cuisiner et ne pas se dire que ça va être une perte de temps. Enfin, ça, ce n’est que mon avis, hein ! Mais savoir exactement ce qu’on met dans notre assiette, et donc dans notre corps, je ne pense pas que ça puisse être considéré comme une perte de temps. Si t’aimes les cookies mais que t’as la flemme de refaire de la pâte toutes les semaines, ce qui se comprend, fais en grande quantité et congèle la pâte. Elle se congèle très bien et quand tu vois que t’arrives au fond de ta boîte, hop, tu sors du congélo et direction le four ! Ça prend 5 minutes à faire, on ne peut pas parler de perte de temps !

Pareil pour les semoule aromatisées. Ce que je fais, c’est que je regarde les étiquettes sur les silos à vrac pour regarder les ingrédients. Comme c’est noté par ordre de présence dans la préparation, ça te donne une petite idée de quoi mettre et dans quelle proportion. Je prend ma semoule nature et quand je rentre chez moi, je reproduit le mélange avec ce que j’ai dans mes placards, ou acheté exprès. Sur le coup, le montant aura été peut être plus important que si je m’était contenté d’acheter ma semoule préparée, sauf que j’en aurai assez pour re-préparer d’autres mélanges et sur le moyen terme, ça me coûte beaucoup moins cher !

La bonne idée, c’est aussi d’aller directement chez les producteurs. Pas d’emballages superflus, des produits ultra frais (souvent pas en bio, mais plutôt en agriculture raisonnée, ce qui est déjà bien), on paye directement le producteur et pas 50 intermédiaires et c’est en général le même prix, voire moins cher qu’en grande surface. Les fruits et légumes qui n’ont pas fait 2000km pour finir dans ton assiette, franchement, ça n’a pas le même goût ! Après, c’est sûr, il faut réapprendre à manger local et de saison. C’est à dire accepter de ne pas manger des bananes ou ananas toutes les semaines, pas de tomates ou de fraises en hiver,… Vivre avec les saisons, quoi !

Pour savoir où trouver tes producteurs locaux, tu peux visiter le site de Mon Producteur. Pour les habitants de Lyon et sa région, je vous invite à voir avec Maréchal Fraicheur (paniers de fruits et légumes en livraison en points relais, sans engagements et produits locaux) et Gayet BLAD ( producteur bio de Saint Laurent de Chamousset qui livre à domicile les mercredi et jeudi)

Sauter le pas est peut être l’étape la plus difficile, après, comme je disais, il faut juste un peu d’organisation !

Et toi, prêt à sauter le pas ? Ou tu t’y es déjà mis ? Dis moi ça dans les commentaires !